samedi 11 avril 2009

Millar (Mark) et Gross (Peter) - Chosen - Bamboo, Collection "Angle comics", 2006 (VO : 2005), 72 p.

Présentation de l'éditeur : Comme tous les enfants de son âge, Jodie Christianson se sent différent, presque inadapté. Il n’est pas à l’aise avec ses camarades et se pose plein de questions.Jusqu’au jour où il survit à un accident dont personne n’aurait jamais dû sortir vivant : l’explosion d’un poids-lourd tombé d’un viaduc. Étrangement indemne, Jodie attire le regard de toute la communauté de sa petite ville, y compris des autorités ecclésiastiques. Sans une seule égratignure, il retourne à l’école et devient un élève surdoué, lui qui, auparavant, faisait partie des cancres.Tout le monde se pose des questions. Jodie le premier. Jusqu’à ce qu’on lui donne un livre, qui contiendrait peut-être une explication : La Bible.

Mon avis : Un jeune gosse américain de 12 ans échappe miraculeusement à un accident et découvre qu’il a des capacités exceptionnelles. Il peut guérir les gens, en sait plus que ses professeurs d’école… Il découvre également que son père n’est pas son père et que sa mère est toujours vierge… Ca ne vous rappelle rien ? Chosen est une sympathique satire (gentiment) politiquement incorrecte (ça ne choquera réellement que les puritains) plutôt bien amenée. J’aime beaucoup le dessin et les couleurs, pour une fois ce n’est pas du comics aseptisé dessiné et coloré avec la sensibilité d’un Mac…La double surprise finale est à prendre avec des pincettes. La première révélation est un peu grand-guignolesque, la seconde plus potache et pas mal amenée…

Mon avis : 6,5/10



Ennis (Garth), Conner (Amanda) et Palmiotti (Jimmy) - La pro (titre VO : The pro) - Editions USA, 2003 (VO : 2002)

Présentation de l'éditeur : Elle pète les plombs, elle guette les cons, elle allaite comme une bête, elle fume comme un pompier, elle pompe comme un fumier, elle est la dernière personne au monde à qui on voudrait confier des super-pouvoirs ! Elle est la pro !!!

"La pro", c'est l'histoire d'une putain qui devient une super-héroïne. Mais son franc-parler et ses manières un peu rustres ne plaisent pas tellement aux autres super-héros. Cet album est drôle, très drôle même. Mais qu'est-ce qu'il est court! J'aimerais passer plus de temps avec la pro, sa moue boudeuse, ses jurons gratinés...ses hémorroïdes. Voilà un personnage de superhéros qui a du piquant! Garth Ennis rue une fois de plus dans les brancards et ça fait plaisir à voir. C'est con et ça se revendique comme tel. Un vrai plaisir.

Malheureusement, la version française est plutôt chère, 14€ pour un comics lu en 15 minutes! Cartonner l'album, soit, il n'en résistera que mieux au temps, mais était-ce vraiment utile d'agrandir les planches (X2) de cette manière? Le dessin est pas mal mais de toute façon colorisé par ordinateur, on peut pas dire qu'il y ait une foule de détails à admirer... Devant ces cases énormes, on peste un peu devant cet éditeur en se disant qu'il a surtout cherché à nous vendre du papier...

Ma note : 7/10

Luna (Joshua et Jonathan) - Ultra - Delcourt, 2005

Résumé de l'éditeur : A Spring City, où les super-héros sont partagés entre leur désir d'aider les forces de l'ordre et la gestion de leur image publique, Pearl Penalosa - alias Ultra - est une véritable droguée du boulot. Elle est devenue la plus grande super-héroïne de tous les temps. Elle a acquis une popularité sans pareille au sein de l'agence Héroïne Inc., et mène une vie absolument parfaite... Du moins en apparence. Sans réelle vie personnelle, ni relation amoureuse durable, elle rencontre fortuitement une diseuse de bonne aventure qui lui ouvre les yeux sur la " vraie " vie.

Mon avis : Je ne vais pas vous refaire le coup de « la-bd-qui-cherche-à-donner-une-vraie-nature-humaine-aux-personnages-de-superhéros». Ce serait à mon sens une grosse erreur de situer ce comics dans la lignée d’un Watchmen ou d’un Dark Knight. Car l’enjeu d’Ultra n’est ni une quête de vérité psychologique profonde, ni une envie de sonder les fondements et les mécanismes des superhéros. Rien de tout ça. L’enjeu d’Ultra est avant tout de marier deux genres au départ tout deux extrêmement codifiés. Le comics de super héros d’une part, et la comédie romantique purement féminine à la Ally Mac Beal, Bridget Jones ou Sex in the city d’autre part. Alors bonjour les clichés ! D’une certaine manière, Ultra, ce n’est QUE ça : deux bons gros tas de clichés qu’on a mélangés l’un dans l’autre. Et ce qui fait l’intérêt et l’originalité d’Ultra, justement, c’est ce mariage, les scénaristes avaient les moyens de nous pondre une histoire de superhéros banale et une comédie romantique sans grand relief, mais les deux ensembles, ça donne quelque chose d’assez inédit et délicieux.
Perso, les histoires de superhéros trop plates, ça me gave vite, et les Ally Mac Beal et Bridget Jones me semblent souvent être le plus souvent une exploitation commerciale éhontée d’un féminisme à bout de souffle… Mais voilà, j’ai aimé Ultra.

Peut-être parce que ce comics ne se prend pas non plus trop la tête, qu’il semble user des clichés sans en avoir honte, et avec une distance ironique salvatrice, certes pas toujours constante, mais qui brille dans certaines scènes et certains dialogues que j’ai parfois trouvés hilarants. Ultra n'est ni le comics du siècle, ni même celui de l'année. C'est une bd bourrée de défauts et de certains bons sentiments qui sentent la guimauve faisandée, mais que j'ai pris un vrai plaisir à lire d'une seule traite.

Ma note 7/10

Ennis (Garth) et Crain (Clayton) - Ghost Rider : Enfer et damnation - Panini Comics/Marvel France, 2007 (VO : 2005)

Il ne faut pas dix secondes de réflexion pour comprendre à quel point Garth Ennis, le scénariste de Preacher, DEVAIT écrire une aventure de Ghost Rider. Cette aventure en six épisodes lui permet de traiter ses thèmes favoris, de mettre en scène les anges, les démons, et de jouer avec toute la ménagerie religieuse avec humour et désinvolture. Dans cette histoire, Ghost Rider est extirpé de l’enfer par l’ange Malachi et chargé d’une mission délicate : rechercher et ramener en enfer Kazaan, un démon en fuite au milieu des mortels. Premier souci : Kazaan n’a pas de corps, et peut donc prendre possession de ce qu’il veut. Deuxième difficulté : celui-ci s’est allié à un être humain infâme, Earl Gustav, patron de la Gustav Petroleum. Leur but : forer assez profond pour que l’enfer puisse envahir le Texas. Troisième souci : Ghost Rider n’est pas seul sur la piste de Kazaan, Ruth, archange peu catholique et Hoss, envoyé de l’enfer sont aussi à ses trousses, et ils ne feront pas de cadeau à Ghost Rider.

On retrouve dans cette histoire non seulement les thèmes favoris d’Ennis mais aussi son humour carnassier, limite misanthrope. Exemple : deux anges regardent la terre à distance et jugent les humains : « Ce sont des idiots. Une bande de fornicateurs puants. Comme je dis toujours… on aurait dû garder les dinosaures. » Et ce qui ne gâche rien, c’est que de son côté, le dessinateur,Clayton Crain remplit parfaitement sa part du contrat : son dessin en couleurs directes est démoniaque à souhait, franchement gore, quand il dessine les fanges de senfers et les créatures qui y grouillent, son dessin a ce qu’il faut de lovecraftien pour nous les représenter avec assez d’éclat pour échapper au ridicule.

Sans doute la meilleure aventure de Ghost Rider publiée en français.

Ma note : 8/10

vendredi 10 avril 2009

Jones (Bruce) et Kolins (Scott) - Wolverine Hulk : Compte à rebours (titre VO : Six hours) - Panini Comics/Marvel France, 2003 (date VO : 2003)

Résumé de l'éditeur : Perdus dans les forêts canadiennes, Hulk et Wolverine, ont quelques heures pour secourir une femme et un adolescent entre la vie et la mort pris en otages par deux dealers sans scrupules. Les deux héros réussiront-ils à surmonter leur différend pour mener à bien leur mission impossible ?

Mon avis : Un chouette petit récit qui nous compte une nouvelle rencontre entre Hulk et Wolverine. Cette dernière n'a peut-être pas le charme de celle que l'on peut découvrir dans le sublime "Wolverine Hulk - La Délivrance", mais elle comblera les fans d'action et de suspense.

Mon seul regret : le dessin. Très réussi par moments, je pense notamment aux séquences où Banner laisse place à Hulk. Il est franchement bâclé sur d'autres planches, plein d'erreurs de perspectives, d'anatomie et de visages figés... Pour un dessinateur de dix ans de métier, je trouve cela très limite... C'est d'autant plus frustrant que la couverture de cet album, ainsi que les quatre couvertures des fascicules en VO sont superbes et signées Simon Bisley... AHHH si seulement ce bon vieux Simon s'était occupé aussi de l'intérieur!

Ma note : 6/10

jeudi 9 avril 2009

Keith, Sam - Wolverine Hulk, la délivrance - Panini Comics, Marvel France, 2003 (VO : 2002)

Victime d’un accident d’avion en plein désert glacé, Wolverine est abordé par Po, une petite fille qui l’implore de venir en aide à son papa. Ce dernier serait en train de se noyer au fond d’un lac, suite à un autre accident d’avion. Malgré l’absurdité de la situation, Wolverine décide d’aider la petite fille et commence un long périple vers le lieu de l’accident. En route, ils tombent sur l’oncle de Po, Bruce Banner, alias Hulk… Et autant l’oncle Banner est le plus intelligent du monde, autant Hulk peut vite devenir un obstacle de poids, même pour un super-héros de la trempe de Wolverine…



Ce crossover Wolverine – Hulk, c’est une belle démonstration que le comics le plus mainstream peut donner dans l’originalité quand un éditeur comme Marvel décide de faire confiance à un artiste plus « underground » comme Sam Keith.



Rappelant un peu le ton poétique du Petit prince de St Exupéry (sisi !), Delivrance est un récit touchant et humoristique aux dialogues délicieusement décalés. Graphiquement, c’est simplement explosif, très cartoonesque, plein de ruptures de tons toujours justifiées et, ce qui est le plus important quand on met en scène un personnage comme Hulk, très punchy !

Ma note : 9/10





vendredi 27 mars 2009

Marvel, les incontournables : Hulk
Jenkins (Paul), David (Peter), John Romita Jr, Lee (Jae)
Panini Comics, 2008

Dans la vaste famille des héros Marvel, j’ai toujours eu un faible pour le bonhomme tout vert un peu énervé… Peut-être est-ce dû à de vagues souvenirs liés à la série télévisée, je n’en sais rien, mais voilà, j’ai beau me dire que ce personnage n’est qu’un pompage en règle du chef d’œuvre de Stevenson, Docteur Jeckyll et Mister Hyde, il me plait quand même beaucoup ce gros nounours bodybuildé… Chaque fois que je jette un œil sur son pantalon (mauve !) tout serré, je me dis : « Houlà, ça doit faire mal. » Bref, il suscite en moi une bonne dose de compassion masculine…

Trêve de plaisanterie, l’ouvrage que je présente aujourd’hui est une espèce de petit miracle éditorial. Le bouquin prend place dans une collection économique intitulée Marvel les incontournables qui réunit dix ouvrages consacrés chacun à un super-héros phare (Spiderman, Dardevil, X-men…) et qui reprend à chaque fois une histoire complète, souvent un arc pris dans les séries régulière. C’est ce à quoi on a affaire ici, avec les épisodes 24, 25, 26, 27 et 28 de la deuxième série de Hulk auquel on a ajouté l’épisode 82. L’histoire constituée par les épisodes 24 à 28 n’était jamais sortie sous forme d’album en français (seulement dans la revue Marvel Elite), et leur édition, même sous cette forme un peu bizarre, est heureuse dans la mesure où il me semble qu’on a affaire ici à un maillon essentiel de l’histoire du professeur Banner. Ce dernier vient de perdre son épouse, assassinée par Emil Blonsky, l’abomination, sorte de double maléfique de Hulk. Il s’en suit une lutte acharnée entre Hulk et l’abomination, efficace mais assez classique dans son déroulement. Banner est une vraie mauviette, mais une fois qu’on arrive à l’énerver, il devient tout gros, tout vert et tout fâché ! Ce qui devient nettement plus intéressant, c’est la manière dont la suite de l’histoire traite le thème du deuil. Avec une finesse, une justesse et une originalité qu’on n’attend pas forcément dans une bd de super-héros.

Quant à l’épisode 82, scénarisé par Peter David, LE grand scénariste de Hulk (il a travaillé plus de dix ans en continu sur le personnage), c’est une chouette histoire fantastique qui se déroule dans un Londres brumeux, un retour aux sources et à Docteur Jeckyll et Mister Hyde ? En tout cas le côté « gothique » de cet épisode est à la fois surprenant et original. Au sein de cette collection « Incontournables Marvel » où tout n’est pas incontournable (hormis les tomes 7, 8, 9 et 10 consacrés respectivement à Daredevil, Hulk, Punisher et Ghost Rider…) et encore moins inédit, cet album de Hulk est un véritable must.

Ma note : 8/10